 Martigny
entre dans l’Histoire en hiver 57-56 av. J.-C. César,
dans la Guerre des Gaules, décrit la bataille dont le bourg
gaulois qu’il nomme Octodurus fut le théâtre et
qui opposa une légion commandée par Servius Galba et
les habitants de la région, les Veragri, aidés par les
Seduni du Valais central. Selon le grand général, les
Romains restèrent maîtres du terrain; après avoir
incendié le bourg indigène, partagé en deux par
une rivière, la Dranse, ils durent cependant se retirer pour
aller hiverner dans le pays des Allobroges, déjà soumis à leur
autorité. César justifie son intervention par le fait
que les marchands qui empruntaient le col du Gd St-Bernard étaient
soumis à de graves dangers et devaient payer de lourds péages.
Mais les raisons stratégiques l’emportaient certainement:
César voulait contrôler la voie la plus directe entre
l’Italie et la Grande-Bretagne, la Gaule du Nord et les pays
rhénans. Après le départ des Romains, le vicus
gaulois fut reconstruit. L’intégration du Valais à l’Empire
se produisit un peu plus tard, vers 15 av. J.-C.
En
relation avec la conquête de la Grande-Bretagne qu’il entreprit
au début de son règne, l’empereur Claude I (41-54
apr. J.-C.) créa au pied du col du Gd St-Bernard, à l’écart
d’Octodurus (dont l’emplacement exact nous est encore inconnu),
une ville nouvelle nommée Forum Claudii Vallensium (marché de
Claude des Valaisans).
Cette agglomération devint alors la capitale de la Vallis Poenina
(le Valais), province souvent réunie à la Tarentaise,
sur le versant occidental du col du Pt St-Bernard, sous l’autorité d’un
même gouverneur impérial résidant aussi bien à Aime
(Forum Claudii Ceutronum), qu’à Martigny. Relais routier
et marché important sur la route du col, siège des autorités
valaisannes et de l’administration impériale, la ville,
de modestes dimensions, fut florissante jusqu’au IVe s. Aucun
fait saillant, si ce n’est le passage (et non pas le stationnement)
de troupes et de soldats, notamment en 69 apr. J.-C., ne jalonne son
histoire.
Son abandon, dès la fin du IVe s., eut certainement plusieurs
causes: déclin économique, insécurité des
routes, menaces d’incursions « barbares », absence
de remparts... Dans un premier temps, le centre de l’activité religieuse,
mais aussi politique et économique, se déplaça
apparemment autour de l’actuelle église paroissiale où s’était
développé un premier sanctuaire chrétien; ce dernier
fut rapidement transformé en une cathédrale, celle, probablement,
du premier évêque connu du Valais, saint Théodore,
qui en 381 signa les Actes du Concile d’Aquilée en tant
qu’episcopus octodorensis. Avant 585, ce siège épiscopal
fut transféré à Sion, position centrale à l’échelle
de la vallée et aisément défendable, alors que
Forum Claudii Vallensium, capitale du Valais romain à l’échelle
de la route internationale du col du Gd St- Bernard, avait toujours été une
agglomération ouverte. |