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Sites archéologiques

A la découverte de Martigny-la-Romaine (FORVM CLAVDII VALLENSIVM)

Plan de la ville romaine
La ville de Forum Claudii Vallensium a été créée entre 41 et 47 apr. J.-C. dans des champs précédemment cultivés. Son centre est composé de trois rangées de 6 insulae (quartiers quadrangulaires bordés par des rues se coupant à angle droit) dont le forum occupe approximativement le centre. A l'extérieur de ce tissu urbain orthogonal, les constructions ne respectent souvent pas l'orientation générale de la trame viaire. En venant d'Italie, on pénétrait dans la ville par une voie qui, après avoir longé le portique double du téménos et un autre vaste complexe, rejoignait en un tracé un peu sinueux la rue du Nymphée (10). Au carrefour de cette dernière et de la rue Principale, on pouvait soit continuer tout droit pour éviter le centre de l'agglomération, soit se diriger vers le forum. La ville ne s'est pas développée au-delà des murs de façade NW des insulae 11 à 16, qui semblent matérialiser la limite de la ville (pomoerium), en deçà de laquelle il était interdit d'enterrer les défunts.

Au centre de la ville, la place du forum était bordée d'arcades sur lesquelles s'ouvraient des boutiques et une basilique, édifice civil, hôtel de ville, bourse, marché couvert. De l'autre côté de la rue Principale, on avait certainement prévu, dans un premier temps, de construire l'area sacra du forum, avec un temple consacré à Jupiter ou à la triade capitoline, entouré d'un écrin de portiques, comme dans de nombreuses villes provinciales. Pour des raisons probablement financières, elle ne fut pas réalisée. A son emplacement, demeuré en friche pendant un demi-siècle, on a édifié la domus du Génie domestique.


Le temple principal de la cité, consacré apparemment à Jupiter, était donc celui découvert immédiatement au NE du forum civil. On notera la situation délibérément excentrique des sanctuaires des divinités indigènes ou d'origine orientale. Au S de la ville, des thermes publics succédèrent apparemment, vers 200 apr. J.-C., à ceux de l'insula 2 (3). Le long des rues, de nombreux magasins et ateliers, des entrepôts même, s'ouvraient sur un portique dont la construction relevait de chaque propriétaire riverain. L'habitat privé, souvent confortable mais sans luxe, se développait généralement au cœur des insulae, parfois autour d'une cour intérieure.

Du fait des souillures provoquées par les cadavres de combattants dans l'arène et de son plan qui ne s'intègre pas facilement au schéma orthogonal d'une ville, l'amphithéâtre a tout naturellement été construit à l'écart du centre urbain.

A Martigny-Bourg, au-dessus du tracé de la " Piste Vita ", un tronçon d'un aqueduc qui alimentait en eau la ville romaine a été récemment mis en valeur: on y remarque un regard à l'intérieur duquel était aménagée une chute d'env. 50 cm, qui avait pour but de ralentir le courant.
La promenade archéologique

Au cœur de la ville romaine : la promenade archéologique

La découverte en 1975 d'un secteur des thermes publics de l'insula 2, comprenant notamment un grand hypocauste (J), une salle de chauffe (F) et des latrines (L), amena la Commune à renoncer à construire à cet emplacement le nouveau local des pompiers projeté. Le terrain fut alors acquis par la Confédération, en même temps que l'ancien stade contigu, sous lequel se situe le forum de la ville antique.

La poursuite de fouilles limitées permit de mettre en évidence la rue de la Basilique, large de 14 à 15 mètres, sous laquelle courrait un impressionnant égout voûté ainsi que des locaux privés, destinés à des activités commerciale ou à l'habitat (1 à 8, M à T).


A long terme, il est prévu de mettre en valeur tout le centre de la ville romaine; c'est dans cette perspective que l'on a conservé, sous une dalle protectrice supportant les jardins " suspendus " de l'immeuble " villa Minerva ", les vestiges, sur plus de 800 m2 d'une partie (la moitié ?) d'une grande maison, une domus, appartenant assurément à un notable, ainsi qu'un secteur apparemment industriel; ils sont encore en cours d'exploration, mais on peut les visiter dans le cadre de visites accompagnées.
A l'occasion des travaux de couverture de la patinoire, qui recouvre une grande partie des thermes publics, on a pu dégager en 1981 un caldarium (CA) dont l'infrastructure est particulièrement explicite, ainsi qu'une cave (T) construite vers le milieu du Ier s. apr. J.-C., soigneusement obturée et comblée 3 ou 4 décennies plus tard. Ces deux éléments ont été conservés et mis en valeur sous les angles ouest et nord de la patinoire; ils ne sont également accessibles qu'à l'occasion de visites accompagnées.
Le Tepidarium

Dans l'Antiquité romaine, le tepidarium était la partie des thermes où l'on prenait des bains tièdes. Les archéologues connaissent depuis 1974 l'existence des thermes de Martigny, et en particulier de son tepidarium, découvert puis réenfoui après la construction de la rue du Forum, devant le parking de la Fondation Pierre Gianadda. Depuis 2011, les vestiges du tepidarium sont mis en valeur, abrités et reliés symboliquement à la Fondation par une colonnade et un plan d'eau.
Le tepidarium de Martigny a la particularité d'être très bien conservé. On repère facilement le système de chauffage. Le bassin lui-même est étonnamment bien conservé. À l'intérieur du pavillon, les visiteurs découvrent le récit de la bataille d'Octodure par Jules César. Cette bataille a opposé les troupes romaines aux Véragres et aux Sédunes en 57 avant J.-C. Des copies de bustes de Jules César et de l'empereur Claude donnent vie à cette évocation. Le buste de César est la reproduction d'une tête en marbre découverte en 2007 dans le Rhône à Arles. La tête de l'empereur Claude est celle mise au jour dans le théâtre antique de Vaison-la-Romaine, ville jumelée à Martigny. Devant le pavillon, l'emplacement des murs principaux des thermes est indiqué par des bandes de pavés de couleur anthracite.
Situé au centre des vestiges archéologiques de Martigny, proche à la fois de l'Amphithéâtre, de la Domus Minerva, du Mithraeum ou encore du musée gallo-romain conservé dans la Fondation Pierre Gianadda, le tepidarium témoigne d'une ville antique bien équipée et à la vie sociale riche.

Source : supplément Nouvelliste - Fondation Gianadda du 29.11.2011

La Domus du génie domestique

Résidence d'un notable : La Domus du génie domestique

Cette domus doit son nom à une statuette qu'on y a découverte en 1993. Elle présente, sur un peu plus de 600 m2, toutes les parties constituantes d'une demeure d'une famille en vue dans la cité. Construite au début du IIe siècle de notre ère, elle jouissait d'une situation privilégiée au centre de la ville, face au forum. Elle est articulée de part et d'autre d'un péristyle (M), jardin d'agrément entouré de portiques.

L'aile NW, bordée d'un portique (B) le long de la rue Principale (A), comprend l'entrée (D) que prolonge un couloir, un local de service (F) avec un bassin et un foyer (praefurnium) pour chauffer la salle chaude (G) des bains privés. A ces derniers appartenait également un frigidarium (H), avec une petite baignoire, précédé d'un vestiaire (I).


L'aile SE abritait la salle à manger, le triclinium (Q), ouverte sur le péristyle par une large baie. Une chambre la jouxtait au NE. Au SW, un couloir (P) conduisant au verger et au potager (S) la séparait des latrines (N) et de la cuisine (O).
Un complexe original : Le Temenos

 

Cet ensemble comprend le plus ancien monument découvert à ce jour à Martigny, un temple indigène de la fin de l'époque gauloise (A). Il est constitué d'un soubassement en pierres sèches de 16m sur 12,85 sur lequel était édifiée une cella, le saint des saints du sanctuaire, en maçonnerie légère, de 7,60 m sur 6,60. A env. 20 m au sud et à env. 40 m au nord du temple, on a repéré deux podiums parallèles, en pierres sèches également, larges de 5 m, d'orientation différente (Z);

ils matérialisaient peut-être les limites d'un vaste enclos sacré préromain. Monnaies gauloises et fibules témoignent de la fréquentation des lieux dès le milieu du Ier s. av. J.-C. en tout cas.


A l'époque de la fondation de Forum Claudii Vallensium, un siècle après, le temple fut intégré dans un vaste enclos sacré, un téménos, de 83,80 sur plus de 135m, délimité pas des murs. Les podiums furent alors abandonnés.
Ce téménos était bipartite; il comprenait au nord-ouest une area sacra, avec le temple indigène et probablement d'autres édifices sacrés et au sud-est, une sorte de " caravansérail ". Ce dernier s'ouvrait sur la voie du col du Gd St-Bernard par un portique double monumental (G) donnant accès à une vaste cour intérieure autour de laquelle étaient articulées 3 ailes: des entrepôts (H), des salles de réception et de détente, avec des installations thermales (K à U) et vraisemblablement un corps de logis (Ga). Les voyageurs et les pèlerins pouvaient donc y déposer leurs marchandises, s'y restaurer et s'y délasser avant d'aller honorer les divinités qui régnaient sur le sanctuaire. L'origine de ces dernières est assurément indigène même si le seul dieu attesté par une inscription est Mercure; il s'agit indubitablement d'un dieu gaulois, peut-être Lug ou Teutatès, assimilé au dieu du commerce romain par l'effet de l'interpretatio romana.


Le sanctuaire continue d'être assidûment fréquenté, jusqu'à la fin du IVe s.: les dons votifs de monnaies ne cesseront qu'alors. Pendant cette période, on aménagea devant le temple indigène, orienté au nord-est, une cour bordée de portiques et édifia un petit édicule (B à E).

La cella fut reconstruite en maçonnerie, mais décentrée du côté sud-ouest par rapport au soubassement et à la cella originale. C'est probablement aux chrétiens que l'on doit la destruction et l'abandon du téménos.

Un sanctuaire, le Mithraeum

Un sanctuaire consacré au dieu d'origine orientale Mithra

Non loin du téménos, également en périphérie méridionale de la ville romaine, un mithraeum fut édifié vraisemblablement à la fin du IIe s. de notre ère. Il a été découvert en 1993 à l'occasion de la construction d'un immeuble et a pu être conservé dans son sous-sol, à la place des caves projetées.

Dans le cadre de visites accompagnées, il est présenté sous forme d'un spectacle audiovisuel. Le mithraeum a des dimensions de l'ordre de 23,36 m sur 8,95 m et devait avoir une apparence austère car ses façades n'étaient apparemment percées d'aucune fenêtre. Il se composait d'un hall d'entrée (A) presque carré auquel on accédait par une porte latérale. On y trouvait des foyers sur lesquels on cuisait des aliments.
Une sacristie, l'apparatorium (B), était réservée dans un de ses angles. Du hall, on accédait dans le saint des saints du sanctuaire, le spelaeum (C) en descendant trois marches. Cette salle, longue de 14,40m était bordée de deux banquettes (d) sur lesquelles s'allongeaient obliquement les initiés pour participer notamment à des repas sacramentels. Au fond du spelaeum se trouvait un podium (e) précédé de quelques marches sur lequel étaient disposés des autels à offrandes consacrés par des personnages importants de la cité. Le tout était dominé par l'image de la tauroctonie, représentation rituelle, toujours la même, figurant le dieu Soleil invincible Mithra tuant le taureau blanc en lui enfonçant un poignard au défaut de l'épaule.


A Martigny, fait exceptionnel, cette tauroctonie était composée d'éléments en bronze disparates. Les nombreux objets votifs découverts (plus de 2000 monnaies, des fragments de cristal de roche, des récipients en terre cuite, etc.) et les constats archéologiques indiquent que le mithraeum, édifié vraisemblablement entre 150 et 200 apr. J.-C., fut détruit en deux phases par les premiers chrétiens dès le début du Ve s.

Un lieu de spectacle : l’Amphithéâtre
Ce monument antique est le seul dont des vestiges ont toujours été visibles à Martigny. Il a fait l'objet de sondages et de fouilles dès la fin du XIXe s. mais n'en demeura pas moins fort mal connu jusqu'en 1978: après son acquisition par la Confédération suisse, on en entreprit alors l'exploration systématique et la restauration. Ses dimensions sont fort modestes: 75,50m dans le grand axe pour 63,70 dans le petit. Il n'a pas d'infrastructure de couloirs, d'escaliers ou de rampes: le talus de la cavea est simplement constitué d'alluvions provenant du creusement de l'arène. Du côté sud-est, un carcer voûté supportait la tribune des autorités, le pulvinar, auquel on accédait directement de l'extérieur par un couloir voûté.



Un autre carcer, au sud, supportait une petite tribune. Deux carceres supplémentaires, également ouverts sur l'arène et symétriques aux premiers, mais dépourvus de voûte, ont été aménagés par la suite. Les murs principaux sont relativement étroits: 90 cm, soit trois pieds romains. Construits par assises superposées de 60 cm de hauteur (2 pieds), certains, notamment ceux de l'arène, ont beaucoup souffert de la poussée du talus de la cavea, provoquant des glissements au niveau des assises.


La première cathédrale du Valais

Sous l'église paroissiale: La première cathédrale du Valais

Entreprises entre 1990 et 1993, les fouilles du sous-sol de l'église paroissiale ont permis de mettre en évidence les restes d'un premier petit lieu de culte chrétien, aménagé à l'intérieur d'un complexe romain, probablement une villa suburbana, sur laquelle fut construite, vers l'an 400, la première cathédrale du Valais. Les vestiges des sanctuaires qui se sont succédés à cet emplacement jusqu'à la construction de l'église baroque actuelle sont visibles dans le cadre d'une présentation audiovisuelle.


Un peu d’histoire
Martigny entre dans l'Histoire en hiver 57-56 av. J.-C. César, dans la Guerre des Gaules, décrit la bataille dont le bourg gaulois qu'il nomme Octodurus fut le théâtre et qui opposa une légion commandée par Servius Galba et les habitants de la région, les Veragri, aidés par les Seduni du Valais central. Selon le grand général, les Romains restèrent maîtres du terrain; après avoir incendié le bourg indigène, partagé en deux par une rivière, la Dranse, ils durent cependant se retirer pour aller hiverner dans le pays des Allobroges, déjà soumis à leur autorité.


César justifie son intervention par le fait que les marchands qui empruntaient le col du Gd St-Bernard étaient soumis à de graves dangers et devaient payer de lourds péages. Mais les raisons stratégiques l'emportaient certainement: César voulait contrôler la voie la plus directe entre l'Italie et la Grande-Bretagne, la Gaule du Nord et les pays rhénans. Après le départ des Romains, le vicus gaulois fut reconstruit. L'intégration du Valais à l'Empire se produisit un peu plus tard, vers 15 av. J.-C.

En relation avec la conquête de la Grande-Bretagne qu'il entreprit au début de son règne, l'empereur Claude I (41-54 apr. J.-C.) créa au pied du col du Gd St-Bernard, à l'écart d'Octodurus (dont l'emplacement exact nous est encore inconnu), une ville nouvelle nommée Forum Claudii Vallensium (marché de Claude des Valaisans). Cette agglomération devint alors la capitale de la Vallis Poenina (le Valais), province souvent réunie à la Tarentaise, sur le versant occidental du col du Pt St-Bernard, sous l'autorité d'un même gouverneur impérial résidant aussi bien à Aime (Forum Claudii Ceutronum), qu'à Martigny.

Relais routier et marché important sur la route du col, siège des autorités valaisannes et de l'administration impériale, la ville, de modestes dimensions, fut florissante jusqu'au IVe s. Aucun fait saillant, si ce n'est le passage (et non pas le stationnement) de troupes et de soldats, notamment en 69 apr. J.-C., ne jalonne son histoire. Son abandon, dès la fin du IVe s., eut certainement plusieurs causes: déclin économique, insécurité des routes, menaces d'incursions " barbares ", absence de remparts... Dans un premier temps, le centre de l'activité religieuse, mais aussi politique et économique, se déplaça apparemment autour de l'actuelle église paroissiale où s'était développé un premier sanctuaire chrétien; ce dernier fut rapidement transformé en une cathédrale, celle, probablement, du premier évêque connu du Valais, saint Théodore, qui en 381 signa les Actes du Concile d'Aquilée en tant qu'episcopus octodorensis. Avant 585, ce siège épiscopal fut transféré à Sion, position centrale à l'échelle de la vallée et aisément défendable, alors que Forum Claudii Vallensium, capitale du Valais romain à l'échelle de la route internationale du col du Gd St- Bernard, avait toujours été une agglomération ouverte.

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